Nicaragua, quand tu nous tiens…

POSTED BY   Kuba
16 août 2017

Nicaragua, deuxième étape de notre voyage. Initialement, nous avions prévu de rester uniquement deux semaines dans ce pays… deux semaines qui se sont vite transformées en 1 mois. Pourquoi changer l’itinéraire ? Déjà parce qu’un itinéraire figé ce n’est pas drôle. C’est même inconcevable en voyage parce qu’on est constamment pris dans le mouvement et l’imprévu. Une autre raison est que, dès notre arrivée, nous avons pu échanger avec d’autres voyageurs revenant du Panama et du Costa Rica. Très vite nous nous sommes rendus compte que si nous voulions de l’authenticité, on la trouverait ici. Pareil pour les activités (surf, excursions, etc) qui sont bien moins chères. Bref, la liste des raisons pourrait être longue et elle a, en vrai, été peu réfléchie. Nous nous sommes laissés mener par nos rencontres, en prenant notre temps. « Nicaragua, mon amour », aurait aussi pu être le titre de cet article…
Impressions du pays et rapport d’étonnement (c’est bien le mot) en images…

 

Religion

Et non, ce n’est pas seulement en Amérique du Sud que les religions sont très présentes ! Les Nicaraguayens aussi sont un peuple très religieux. Leurs voitures, bus ou fritangas (petits stands de rue) sont couverts d’autocollants du type « Jesus, en Ti Confio » (Jesus, en toi j’ai confiance) ou encore « Mi Dio es grande » (Mon Dieu est grand). Pas très étonnant lorsqu’on apprend que la devise nationale est « En Dios Confiamos » (En Dieu nous avons confiance). Par contre, nous avons été étonnés par la diversité de ces Dieux et de ces religions… Si le catholicisme est la religion la plus représentée (environ 2/3 de la population), les communautés protestantes ; baptistes ou morave ; les églises évangéliques et les témoins de Jehovahs sont également en nombre non négligeable. Anecdote – plus ou moins drôle avec le recul – on a même croisé une membre du mouvement Ecoovie, secte écologique et shamanique dont le gourou est accusé de plusieurs crimes au Quebec et se cache au Nicaragua.

 

Le moyen de transport local : le fameux Chicken Bus

Fermez les yeux. Imaginez un bus jaune, de type ancien bus scolaire américain qu’on voit dans les films. Faites le vieillir un peu. Même beaucoup. Peinture un peu délavée qui a tenté d’être repeinte, siège en vieux cuir troué. Portières bien défoncées, hum, enfoncées. Bref, vous y êtes. Voici le transport local le plus utilisé au Nicaragua : le chicken bus. Donation des USA ou des pays voisins, le chicken bus n’as pas été réadapté ou retapé pour l’occasion. On trouve encore les pancartes « La sécurité de vos enfants est notre priorité » accrochées au dessus du conducteur. On a juste ajouté quelques fioritures, deux trois écritures bibliques, un chapelet au rétro et hop ! Il faut avouer que le chicken bus c’est bien plus qu’un transport… c’est un concept. On y monte par l’avant ou par l’arrière et on paie notre trajet auprès d’une personne qui fait des vas et vient entre l’avant et l’arrière du bus pour récupérer les sous de tout le monde. On y est passager chanceux (qui a réussi à avoir une place assise) ou passager clandestin (on est condamné  à l’allée centrale et on passe un sacré trajet…). On peut aussi y être vendeur. On force alors son passage en allée centrale pour vendre sa marchandise : chips de yuca, jus, radios, et autres accessoires. Chaque trajet vous donne sa dose de folklore !

 

Swag

On trouve de nombreuses boutiques de vêtements de seconde main au Nicaragua. On a tout d’abord des boutiques de type « friperie », style Barbes Parisien, ou les vêtements sont amassés en tas et il faut soit un œil expert soit beaucoup de détermination pour trouver sa merveille. On trouve également des magasins plus « organisés » ou les vêtements sont mieux rangés sans pour autant ressembler aux boutiques de chez nous mais plutôt au chinois du coin. Une majeure partie de ces vêtements proviennent des États-Unis– en témoignent les enseignes « Ropa Americana » peintes sur les devantures. Seul bémol… les vêtements datent des années 70s, 80s ou 90s. On vous laisse imaginer le style que cela peut donner à certains Nicaraguayens ! En bref, il ne faut pas s’étonner de croiser des vieux papys avec un style totalement oldschool et des casquettes qui feraient rougir mêmes les plus grands hipsters parisiens.

 

Capitale non capitale

Lorsqu’un européen pense à un pays étranger, il l’associe souvent à sa capitale. Ca marche avec la France et son beau Paris, l’Italie et sa Rome antique ou encore l’Espagne et son moderne Madrid. Ici, ça ne marche pas vraiment comme ça. Privée d’un réel centre ville (c’est un centre commercial qui est considéré comme centre-ville par beaucoup de taxis) et s’étendant sur une grande superficie, la ville de Managua est chaotique et désordonnée. Bruyante et sale, elle est aussi privée d’un quelconque charme. Même la Place de la Révolution, avec son ancienne cathédrale et son musée national, nous a paru glauque… silence et absence de passage étant les deux mots d’ordre régnant sur la place. Pour couronner le tout, la ville est dangereuse, ce qui vous oblige à vous déplacer en taxi dès que le soleil se couche. La question que l’on s’est très rapidement posée était donc la suivante: comment est-il possible qu’une ville comme Managua soit la capitale du Nicaragua alors que le pays regorge de villes splendides comme Leon ou Granada qui sont, historiquement et culturellement, bien plus riches ? La réponse nous a peu étonné. Située entre Granada et Leon, Managua fut choisie comme capitale en 1852 pour mettre fin à une guerre civile entre les deux villes qui se disputaient la place. Triste sort d’une poire coupée en deux…

 

Orientation et adresses

Il faut savoir qu’il n’y a pas vraiment de noms de rues au Nicaragua (les noms existent sur les cartes mais les indications sont absentes dans les rues). Aussi, les bâtiments ne sont pas numérotés, ce qui peut rendre parfois l’orientation très compliquée. Ici, pour indiquer la localisation d’un lieu, on va utiliser un repère connu par tout le monde (par exemple l’église, le cinéma, le centre commercial ou les hôtels) et compter les blocs qui séparent ce repère de l’endroit ou vous voulez vous rendre. Il vous arrive donc très souvent de rentrer dans un taxi en demandant de vous emmener à deux blocs à gauche de l’église. Le mot direccion, qui signifie adresse en Espagnol, devrait donc plutôt être traduit tout simplement par direction, car c’est bien comme ça que cela fonctionne !

 

Espace privé vs Espace de travail

Baladez vous dans les rues, arpentez les hauts trottoirs, et méfiez vous de ne pas gêner les gens assis sur des chaises en plastique à l’avant de leur maison ou en train de se détendre sur leur chaise à bascule. Sorte d’activité fétichiste locale, ce qu’on appellerait communément le « matage de rue », est omniprésent au Nicaragua. Aussi, nous n’avons pas pu nous empêcher de demander aux locaux la raison de cette soudaine délocalisation de leur salon… La raison est simple : il y a plus d’air dehors qu’à l’intérieur de leur maison et ils aiment regarder le passage dans la rue. Derrière cette « relaxation », plutôt atypique, se cache parfois un autre concept : celui de l’espace de travail confondu avec l’espace de vie privée. Comment vous expliquer ? Il est possible d’entrer dans la maison de quelqu’un pour y manger un plat local, pour y acheter de l’eau, du pain, ou quelques fruits. Beaucoup de salons ou entrées de maisons font office de boutiques et on peut y trouver toutes sortes de produits de base de dépannage pour l’alimentation ou la maison. Pour résumer le tout en une phrase : c’est à l’avant qu’on vend et c’est à l’arrière qu’on dort. Conclusion… si vous cherchez un commerce d’appoint, osez entrez chez les gens vous serez surpris !

 

La gentillesse des gens

Hormis les chauffeurs de taxis qui ne cessent de vous mentir sur les horaires ou le non-passage des bus pour vous faire à tout prix monter dans leurs voitures, les Nicaraguayens sont très gentils. Ici, on vous sourit et on vous salue à quasiment chaque coin de rue. Le contact se créé assez facilement et une petite pause sur le banc d’un parc peut vite se transformer en une discussion usuelle avec le papy assis à coté de vous. Nous avons surtout été marqués par l’esprit de solidarité et d’entre-aide qui règne ici et nous en avons même fait l’expérience en faisant du stop ou en demandant notre chemin. Malgré la pauvreté qui touche le pays, nous ne nous sommes jamais fait agresser sur les marchés ou dans les magasins et les prix annoncés correspondaient souvent aux prix payés par les locaux. Finalement, le plus remarquable est le fait que les Nicas ont peu mais ils savent s’en contenter.

 

Un pays pas si touristique mais déjà prêt pour l’envol

Nous n’avons pas eu l’impression de visiter un pays touristique. Les transports que nous avons emprunté (bus, bateaux, taxis) étaient majoritairement remplis de locaux et, mis à part la ville de Granada, nous n’avons trouvé aucune ville vraiment touristique. Même l’Ile d’Ometepe, qui est présentée comme un must-see et prisée des touristes, ne l’est pas réellement ! C’est d’ailleurs à cet endroit que nous avons senti un certain malaise concernant le tourisme au Nicaragua car si les touristes manquaient à l’appel, les endroits pour les accueillir ne manquaient pas : bars, restaurants, locations de motos, auberges… Ce décalage peut parfois créer des moments un peu « glauques » ou vous vous retrouvez à diner seuls dans un restaurant ou l’on a allumé la lumière ou la musique rien que pour vous.

 

 

Kuba

You may also like

Impressions : l’authentique Birmanie !
19 juin 2018
Impressions
Impressions : Un roadtrip à travers la Nouvelle-Zélande !
5 juin 2018
Impressions