Impressions : L’authentique Bolivie I

POSTED BY   Kuba
27 janvier 2018
Cover Impressions Bolivie

 

Les femmes et leurs habits

Avec leur petite taille, leurs looooongues tresses et leurs dents en or ou argent, les cholitas (nom local donné aux femmes vêtues d’habits traditionnels) donnent un énorme cachet d’authenticité et de charme au pays. En bas, elles sont toujours vêtues d’une jupe bien fournie et portent des petites chaussures de style ballerine ou sandales. En haut, un pull ou un gilet avec un tablier enfilé par dessus et un aguayo, carré de tissus coloré, accroché sur le dos. Elles se servent d’ailleurs de ce tissu comme d’un sac à dos et y transportent toutes sortes de choses : des légumes qu’elles vont vendre au marché, des courses qu’elles ramènent à la maison ou tout simplement leurs bébés. Enfin, le tout est toujours couronné par un chapeau dont le style diffère selon les régions : si celui de La Paz est arrondi sur le haut et à peine posé sur la tête, celui de l’Alto Plano est bien enfoncé et ressemble plutôt à un chapeau de cowboy. Bref, cet ensemble de vêtements bien fournis, associé à leur petite taille, leur donne un aspect de petite boule qui avance sur ses jambes en se balançant de droite à gauche. Absolument charmant. Quant aux hommes, ils sont bien moins exotiques (sauf quelques-uns croisés dans les villages les plus reculés). La seule différence notable en ce qui concerne la mode masculine est l’importance de la marque Caterpillar, placée au même rang qu’Adidas ou Nike. Comment l’expliquer ? La Bolivie est un pays qui exploite beaucoup ses richesses naturelles et c’est peut être la présence de grandes machines Caterpillar qui a popularisé la marque.

La coca

La coca est, je pense, la plante la plus importante et la plus représentative du pays. Elle doit bien être distinguée de la cocaïne car les amalgames entre cette drogue et la feuille de coca énervent les Boliviens. Certes, c’est bien les feuilles de coca qui sont utilisées dans le procédé chimique qui donne naissance à la cocaïne mais les Boliviens (en tout cas ceux qui ne profitent pas de son commerce lucratif) condamnent cette utilisation néfaste de leur feuille sacrée. Cette distinction étant faite, revenons à son importance dans le pays car importance il y a ! Elle est telle qu’Evo Morales, président actuel de la Bolivie et ancien cocalero (cultivateur de coca), l’a fait inscrire dans la Constitution comme partie intégrante de la culture Bolivienne. C’est peu étonnant lorsqu’on constate son omniprésence et les nombreuses utilisations de ses feuilles : elles peuvent servir dans des rites sacrés et chamaniques, être  préparées dans un maté comme remède contre des maux de têtes liés à l’altitude, servir d’ingrédients de base dans des pommades ou cosmétiques ou, comme c’est le cas le plus souvent, être mâchées. En effet, que ce soit pour le plaisir, pour contrer les effets de fatigue ou encore pour couper la faim, tout le monde en mâche ici. Comment la reconnaître ? Si votre interlocuteur a comme une petite boule entre ses dents et sa joue, les dents un peu noircies, un drôle d’accent et un petit sac en plastique vert qui dépasse de sa poche, c’est qu’il est probablement en train de pichar ou chacchar (verbes qui veulent spécifiquement dire mâcher des feuilles de coca).

La nature

La Bolivie est absolument splendide et la beauté de sa nature vous gifle sans vous prévenir ! Si dans les autres pays, les photos des agences de voyages ou de Google sont toujours plus belles que la réalité, ici c’est l’inverse. Les paysages sont tout simplement à coupler le souffle et ils vous donnent l’impression d’être sur la lune. Des montagnes et des roches de toutes les couleurs, des canyons, des steppes, des lacs, des déserts de sel, des glaciers, une forêt à perte de vue en Amazonie… la diversité ne manque pas ici. Le pays offre en plus d’innombrables possibilités de treks, guidés ou non, pour découvrir tout cela. Ce qui rajoute aussi du piquant, c’est l’altitude car le point de départ de certains treks est situé à une altitude qui dépasse le Mont-Blanc, pourtant plus haute montagne d’Europe. C’est aussi ici que vous pourriez vous frotter aux 6000 m accessibles sans expérience d’alpinisme.

L’art

L’art local est très riche et a été bien préservé. Je pense notamment à la musique car les Boliviens ont leur propres instruments (toutes sortes de guitares et la flûte, très présente dans leurs chansons) et leur propre genre de musique. Ce qui est amusant c’est que tout le monde privilégie cette musique locale et même les mp3 et portables des jeunes en sont remplis. Vous n’entendrez que très rarement les tubes reggaetton ici et s’il y a Despacito qui passe à la Radio, ne vous étonnez pas si le chauffeur zappe sur une autre chaîne (chose impensable en Colombie ou à Cuba). Toutefois, la forme d’art la plus impressionnante en Bolivie reste le tissage. Leurs tissages sont colorés, précis et d’une finesse et complexité telles qu’ils feraient presque passer les sacs Wayuu Colombiens pour un jeu d’enfant. Avec les Boliviens et leur savoir-faire, un simple bonnet ou une ceinture devient rapidement une œuvre d’art. Pour une découverte plus poussée de l’art local il faut privilégier les événements culturels qui incluent habits traditionnels, danses et rituels. Je parle notamment des fêtes des villages, fête de la chicha (alcool local à base de mais fermenté), fête du fromage…

La pauvreté

La pauvreté, voire la grande misère, est une réalité en Bolivie. Aujourd’hui encore, 45% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté. Comment cela se ressent au quotidien ? Des paysans qui ont tout juste de quoi remplir leurs assiettes et mâchent de la coca à longueur de journée pour couper la faim; des mendiants qui vous tendent leurs mains desséchées et tremblantes dans l’espoir que vous y déposiez quelques bolivianos; des vendeurs de toutes sortes qui souhaitent gagner quelques sous avant de rentrer à la maison puis des enfants qui commencent à travailler des leur plus jeune âge. Des lois ont d’ailleurs été mises en place pour interdire le travail d’enfants dans certains secteurs, notamment l’industrie minière, mais elles ne sont pas respectées car c’est souvent « travailler ou avoir faim ». La misère pousse les gens à se débrouiller comme ils peuvent. Cela peut vouloir dire faire 4 heures aller/retour pour vendre quelques fruits en ville ou rentrer dans une mine pour extraire des minéraux alors qu’on y bouffe de la poussière et qu’on y respire des gaz toxiques toute la journée. Alors pour oublier tout ça on noie la misère dans l’alcool et on serre les dents comme on le fait lorsqu’on mâche de la coca… Et dire que nous on se plaint quand on fait plus de 30 minutes de métro et qu’on a les yeux fatigués par notre écran d’ordi…

La froideur présumée des gens

On m’a mis en garde contre la froideur des Boliviens. C’est sûr qu’ils sont moins souriants que les Colombiens et moins accueillants que les Péruviens (difficile de faire mieux en même temps). J’ai personnellement trouvé difficile de les catégoriser car les Boliviens sont très différents d’une région à l’autre mais je les qualifierais pas de personnes « froides ». Pour être honnête, certains peuvent le paraître au début mais une fois la petite glace brisée, ils se montrent adorables, généreux et surtout très blagueurs. Ça sera par contre à vous d’engager la discussion et gagner leur confiance avant qu’ils s’ouvrent complètement à vous. Cela peut être un peu plus compliqué dans les petits villages où les gens parlent Quechua ou Aymara mais vous n’aurez aucun problème avec les Boliviens qui parlent Espagnol.

Les odeurs

La Bolivie a une odeur particulière, comme une odeur de campagne. Ce constat peut paraître bizarre et je ne sais pas trop comment l’expliquer mais je vous assure que c’est vrai (même dans les grandes villes, malgré leur odeur d’essence et de poulet frit…) Comment décrire cette odeur Bolivienne ? Je dirais qu’il s’agit d’un mélange d’odeur de coca mâchée, d’un peu de transpiration, de l’odeur de maïs moulu puis de toutes les odeurs enfouies dans les aguayo, tissus que les femmes ont toujours sur le dos. Non lavés depuis des mois, ces derniers retracent le passé par leurs odeurs car ils ont transporté aussi bien des oignons, que de la viande fraiche ou encore des bébés qui ont fait dans leurs couches.

La partie II des impressions se trouve juste ici !

Kuba

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