Impressions : Argentina !

POSTED BY   Kuba
5 avril 2018
Argentina Cover

 

Culture du Maté

Nous avons découvert le maté pour la première fois grâce à des voyageurs argentins que nous avons rencontré sur notre route mais ce n’est qu’en mettant les pieds dans le pays que nous avons saisi son importance (et observé son omniprésence). Pour vous donner une image plus précise, le maté est aux Argentins ce que la feuille de coca est aux Boliviens, les pâtes aux Italiens ou la baguette aux Français. Ici, tout le monde en déguste et se balade avec son kit de maté, composé de:

  • Maté, récipient en forme de boule (traditionnellement faite de coquille de courge)
  • Yerba Buena, une herbe particulière avec laquelle on remplit le maté et qu’on laisse infuser dans l’eau
  • Thermos d’eau chaude qu’on verse progressivement dans le maté afin qu’il recouvre la yerba
  • Bombilla, paille en métal, à travers laquelle on déguste l’herbe infusée.

Ils emmènent ce kit partout avec eux : en voyage, au travail ou encore en soirée chez des amis, lors de laquelle on se passe le maté de mains en mains comme on passerait un joint. La chose la plus étonnante est l’existence de véritables codes qui accompagnent sa consommation ! En voici quelques exemples :

  • La personne qui prépare le maté va le préparer pour la tournée entière
  • On remplit le maté aux 3/4 d’herbe et on sert l’eau doucement en la laissant couler sur la paille afin de ne pas noyer l’herbe.
  • On ne dit merci que lorsque vous avez terminé votre maté et que vous n’en voulez plus. Autrement dit, si vous dites merci  et render le maté à celui qui vous l’a préparé, vous ne serez plus servi.

Pour avoir d’autres exemples, la meilleure chose à faire est de questionner un Argentin mais sachez qu’il pourra vous en parler pendant des heures. Il n’hésitera pas non plus à ajouter quelques astuces personnelles : la température idéale de l’eau à utiliser (entre 92 et 94), les meilleurs herbes ou encore des recettes maisons pour twister le goût.

 

Un pays de viandards

L’Argentine est reconnue mondialement pour sa viande donc, en arrivant dans le pays, on s’attendait clairement à nous régaler. On avait en tête l’image de ces grandes pièces de viande qu’on jette sur une grille brûlante et qu’on ne retourne qu’une seule fois avant de les servir. Verdict ? L’Argentine est clairement un pays de viandards. On en consomme énormément et même en bord de mer vous trouverez beaucoup plus de viandes que de poissons ou de fruits de mer. Le barbecue est d’ailleurs une véritable institution (chaque maison, voire balcon en a un) et les argentins se retrouvent très souvent autour d’un asado, que ce soit pour une soirée entre potes, le repas du dimanche en famille ou encore un anniversaire. Quant à la viande, est-ce qu’elle est à la hauteur de sa réputation ? Elle est bonne, parfois très bonne (notamment le cordero patagonico, agneau de patagonie) mais pas non plus exceptionnelle. La différence avec la bonne viande qu’on peut trouver en France n’est pas flagrante au niveau du goût. Par contre, elle l’est au niveau du prix : pour 7 euros, vous avez un morceau de viande qui en vaut 20 en France.

 

Fanatisme footbalistique

L’argentine est un pays très catholique et elle est fière de son pape François qui essaye, tout doucement, de réformer un Vatican sclérosé. Cependant, la première religion du pays n’est pas le catholicisme, c’est le football ! C’est une véritable folie ! Il vous suffira de faire un tour dans l’un des nombreux stades du pays pour vous en rendre compte. Si vous êtes de passage à Buenos Aires, ne loupez pas les ruelles de la Boca, quartier emblématique où se trouve la Bombonera, stade légendaire des Boca Juniors. Tout respire le football la-bas et tout est aux couleurx du club. Le pays est d’ailleurs divisé entre les supporters des Boca Juniors et ceux des River Plate, deux équipes en tête du classement qui disputent souvent la Copa Libertador (équivalent de la Champions League en Amérique du Sud). Les deux camps ne s’apprécient guère et ne trouvent un terrain d’entente que lorsqu’il s’agit de supporter l’Albiceleste, la sélection nationale argentine menée par Messi. Chose assez surprenante d’ailleurs, Messi n’est pas autant glorifié ici qu’il l’est en Europe. Il est même pas mal critiqué et j’ai entendu des gens dire qu’il était très décevant. Les gens attendent toujours de lui des exploits en sélection nationale et restent sur leur faim. Mais bon, chose à prendre avec du recul car pour les Argentins, Messi ou pas messie, il n’y a et il n’y aura qu’un seul Dieu du Football : Diego Armando Maradona. Il est adoré, vénéré et respecté à tel point qu’une église a été créée en son nom: la Iglesia Maradoniana. A côté de lui, même les légendes comme Batistuta ou Riquelme semblent des joueurs lambda.

 

Économie fragile

L’Argentine jouit de l’image d’un pays bien portant et beaucoup de gens ont l’impression qu’il s’agit du pays le plus développé de l’Amérique du Sud. Cependant, cette image est trompeuse car elle cache de grandes disparités et problèmes. Le Nord de l’Argentine est par exemple très pauvre et, globalement, le pays lutte avec une économie fragile. La population vit dans la crainte constante d’une nouvelle faillite (la dernière remonte au début des années 2000) et doit faire face à l’augmentation de chômage et surtout une inflation récurrente. Cette inflation est telle (elle dépasse les 20% depuis 10 ans) que de tout nouveaux billets ont été créés. Le nouveau président, Mauricio Macri, a décidé de changer la donne à coups de réformes économiques, nouvelles mesures très libérales et restrictions budgétaires. Si ses réformes sont reconnues et parfois même applaudies à l’international, la pillule ne passe pas dans le pays et les Argentins manifestent sans cesse. Lors de notre séjour, nous avons même eu le droit aux « cacerolazos », fameux concerts de casseroles que les sud-américains utilisaient pour montrer leur mécontentement.

 

Intrus de l’Amérique du Sud

L’Argentine est un pays distinct des autres pays de l’Amérique du Sud. Il y’a d’abord l’accent argentin, peut être le plus difficile à comprendre de l’Amérique du Sud mais sûrement le plus beau. Ce fameux « sh » qu’ils placent un peu partout, le « vos » qu’ils utilisent pour dire « tu » et les petits mots locaux comme « boludo ». Ensuite, visuellement, le pays semble être d’un autre continent (à l’exception des Andes dans le nord). Il s’agirait pour moi d’un mix entre l’Espagne et les États-Unis, avec les grosses cylindrés, les larges et longues routes ou la culture du barbecue. Buenos Aires en est d’ailleurs un exemple parfait car il s’agit d’un mélange entre Madrid et New York à mes yeux. Les Argentins, eux non plus, n’ont pas l’air si exotique. Leur beauté est beaucoup plus européenne, leur style vestimentaire beaucoup plus international et ils écoutent énormément de rock. Comment expliquer cette similarité avec l’Europe ? Elle est sûrement due aux différentes vagues d’immigration qu’a connu le pays au cours de son histoire. Beaucoup de personnes par exemple ont encore le passeport italien (ils peuvent le demander jusqu’à la 5e génération). Ils tiennent aussi une chose des français : leur sentiment de supériorité. En effet, les Argentins sont connus en Amérique du Sud pour leur ego sur-dimensionné. Une blague a même été inventée à ce sujet : « Savez-vous comment se suicide un Argentin ? Il saute du haut de son ego ! »…

 

Richesse de la nature

La nature Argentine est très riche et diversifiée. Au Nord, on trouve des paysages andins : de magnifiques montagnes pleines de couleurs, des canyons, des paysages désertiques et des cactus. Au Sud, on a la Patagonie avec ses steppes à perte de vue, son vent, ses montagnes enneigés et ses glaciers. C’est d’ailleurs ici que se trouve le majestueux glacier Perito Moreno et certains des treks les plus fameux du monde. Et sur tout ce territoire, vous pourrez observer des animaux étonnants : lions de mer, éléphants de mer, phoques, baleines, pingouins pour n’en citer que quelques uns ! On recommande donc le pays à tous les amoureux de la nature.

Jeunesse débrouillarde

Nous avons rencontré beaucoup de jeunes Argentins sur la route. Certains d’entre eux étaient en vacances, beaucoup d’entre eux en voyage. La plupart des ces derniers avaient d’ailleurs choisi de vivre sur la route. Nous avons été vraiment marqués par la débrouillardise et la créativité de ces gens car contrairement à nous qui sommes partis avec des économies, ils partent les poches vides. Ils visitent les pays tout en travaillant : ils enchaînent des petits boulots, effectuent des volontariats à droite ou à gauche et se servent de leur créativité pour ramener quelques sous. Nous avons par exemple rencontré beaucoup d’artistes ambulants qui jonglaient aux feux, vendaient des petits carnets et des boucles d’oreilles, dansaient dans la rue ou jouaient de la guitare… Totalement libres, sans plans précis, ils vivent au jour le jour au fil de leurs rencontres et opportunités. C’est le vrai Carpe Diem, le vrai Roots.

 

Kuba

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