Cuba, pas si Libre…

POSTED BY   Kuba
1 décembre 2017
Voiture Cover

Le communisme, ou plutôt ses conséquences, sont sûrement le plus grand choc du voyage à Cuba. Si j’ai pu m’en faire une image assez précise à travers les récits de mes parents et grand-parents qui l’ont vécu en Pologne, Christelle vivait son premier contact avec celui-ci. Résultat ? Elle s’est rendue compte que si la doctrine est très belle sur papier, elle l’est beaucoup moins dans la réalité. De plus, dans le cas de Cuba, la situation a été aggravée par un long embargo. Quels sont les signes du communisme à Cuba ?

 

Des magasins vides et l’instabilité des produits

Les magasins Cubains sont glauques car leurs régals sont tristement vides. Un dentifrice, quelques sacs de riz, 3 bouteilles de rhum et une dizaine de sodas. Basta. C’est tout. Le choix est limité, comme le sont les importations. En plus, la disponibilité des produits est très instable et marche par périodicité. C’est une bonne chose pour les légumes car ils sont forcément de saison et vous ne mangerez les avocats que quand c’est leur saison à Cuba. Par contre, cela peut poser problème pour d’autres produits. Par exemple, quand nous y étions, il y avait une pénurie d’amulettes.

 

Les longues queues et la bureaucratie

On a l’impression qu’ici, tout prend du temps. C’est un peu comme si les process des préfectures françaises étaient appliqués un peu partout ! Vous pouvez faire la queue pendant une heure pour acheter une carte wifi, pour acheter de la viande ou pour retirer de l’argent. Les Cubains sont d’ailleurs tellement habitués à faire la queue qu’ils ont mis en place un système très pratique. En arrivant, ils demandent qui est le dernier à faire la queue puis demandent à cette personne de leur garder la place pendant qu’ils vont faire leur vie. Ils reviennent ensuite 30 min après et récupèrent leur place. Easy !

 

Le rationnement

Les cubains sont encore rationnés sur certains produits de base. Ils ont une carte qui leur permet par exemple d’acheter une quantité de riz et du pain par mois dans un magasin d’Etat pour pas trop cher. S’ils en veulent plus, ca sera sur le marché noir a un prix plus fort ou en échange de quelque chose ! Ce qui nous amène au point suivant :

 

La débrouille, le système B

Face à l’adversité de leur système économique, les Cubains ont développé un grand sens de la débrouille. Cela se voit à travers les différents petits jobs qu’ils improvisent pour gratter un sous par ci- par la mais aussi par les objets qui sont en leur possession. On peut par exemple citer les voitures qui sont un assemblage de pièces de plusieurs modèles et dont le moteur a été remplacé à maintes reprises. On peut aussi citer les produits électroniques qu’ils respectent beaucoup plus et qu’ils réparent quand ils tombent en panne (contrairement à nous qui courrons à Darty pour en acheter un nouveau). Enfin, ils entassent. Que ce soit dans leurs jardins, dans leurs garages ou dans leurs maisons, ils gardent toute sortes de choses qui nous paraissent inutiles. Des anciennes pièces d’une radio, un vieux jouet du petit fils, des figurines en bois. Pourquoi ? Parce qu’on ne sait jamais ! Ca pourra servir a un moment ou être échangé ! Ca me rappelle tellement mon grand-père…

 

La surveillance

Il n’est pas facile de parler du système communiste avec les Cubains car ils se montrent un peu méfiants et il vous faudra créer un premier contact avant d’aborder ces sujets. Il y a aussi beaucoup de chances qu’ils vous donnent les réponses en baissant la voix ou en chuchotant. L’explication tient dans le fait qu’ils continuent d’êtres surveillés, par un système similaire à celui mis en place par l’Allemagne de l’Est. Des civils-espions (grands-mères, adultes ou enfants) ou membres des comités de défense de la révolution se glissent un peu partout (a la Havane, on nous a dit qu’il peut y’en avoir jusqu’a 4 par immeuble). Tout cela rend donc le sujet un peu tabou.

 

La propagande dans la rue et à la télévision

Autre point commun avec les anciens régimes communistes et, plus globalement, les régimes totalitaires : la propagande. A Cuba, elle est massive. Vous en faites tout d’abord l’expérience dans la rue car les murs sont couverts d’innombrables peintures du Che, de Fidel et des slogans révolutionnaires. Vous en faites aussi l’expérience à travers les médias, journaux et télévision. Dans une des Casas Particulares, nous avons regardé le journal télévisé du soir qui relatait les images du pays après le passage de l’ouragan Irma et étions surpris par la mise en scène des images. On avait l’impression que les images étaient des court-métrages écrits et joués pour mettre en avant le courage du peuple et son unité face à cette catastrophe naturelle. Il nous a d’ailleurs fallu attendre quelques jours pour avoir le bilan des morts car les médias du gouvernement niaient leur présence…

 

Kuba

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