A León, sur les traces du poète nicaraguayen le plus célèbre

POSTED BY   Christelle
15 juillet 2017

« Rubén Darío est revenu au Nicaragua, sa terre natale, pour y mourir. Celui qui a parcouru le monde, révolutionné l’écriture en espagnol et fait figure d’idole pour la jeunesse de l’Amérique Latine se sait condamné par la maladie ; les excès, liés à la vie agitée qu’il a mené, le condamnent. Il n’atteindra pas les cinquante ans. Il meurt le 6 février 1916 à León, dans ce Nicaragua profond où il est né et a grandi, loin des feux des capitales brillantes qu’il a connus. Darío est l’exemple même d’un écrivain surgi d’un des lieux les plus improbables ».

Extraite d’Azul – un recueil poétique fondateur de la modernité littéraire espagnole – cette préface de Philippe Ollé-Laprune résume bien la tonalité de la vie et de l’oeuvre littéraire du célèbre poète nicaraguayen Ruben Darío. Encore idolé aujourd’hui par la population locale, nous lui avons nous aussi rendu hommage en allant le saluer sur sa tombe dans la cathédrale de León, ville de sa mort.

Célèbre pour avoir mis son analyse de l’homme et de ses sentiments au centre de son objet poétique, il délaisse les conventions sociales de son époque pour une écriture plus authentique, parfois frôlant l’ésotérisme. Emblème de la poésie du XXe siècle, on retrouve dans son oeuvre un mélange romantico-symboliste, fondateur du mouvement modernisme, dont il est d’ailleurs l’un des piliers. Une poésie aux tonalités mélancoliques, jouant sur la sonorité de rimes soignées. On vous donne tout de suite un aperçu de ce poète torturé par ses rêves avec ce poème intitulé Mélancolie, extrait du recueil Azul. 

 

Mélancolie
A Domingo Bolivar

Frère, toi qui possède la lumière, dis-moi la mienne.
Je suis comme un aveugle. Je vais sans but et je marche à tâtons.
Je vais sous les tempêtes et les orages
Aveugle de rêve et fou d’harmonie..

Voilà mon mal, Rêver. La poésie
Est la camisole ferrée aux mille pointes sanguinaires
Que je porte en mon âme. Les épines sanglantes
Laissent tomber les gouttes de ma mélancolie.

Ainsi je vais, aveugle et fou, par ce monde amer ;
Parfois le chemin me semble interminable,
Et parfois si court…

Et dans ce vacillement entre courage et agonie,
Je porte le fardeau de peines que je supporte à peine.
N’entends-tu pas tomber mes gouttes de mélancolie ?

———

 

Si vous êtes un amoureux de la langue espagnole, voici un second poème intitulé Una Lagrima (Une Larme), que nous avons eu la chance d’écouter lors d’une soirée poésie à l’auberge El Albergue à León, poème récitée par une nicaraguayenne. Ruben Darío l’a écrit à l’âge de 13 ans et il est l’un des plus appris à l’école au Nicaragua aujourd’hui.

 

Una Lagrima

Si en una lágrima pudiera…
Decirte todos los sueños que en mí se han frustrado,
Todas las cosas que simplemente quedaron en el pasado,
Aquellos momentos que junto a ti he disfrutado.

Si en una lágrima pudiera…
Decirte las cosas que por ti he sentido,
Los momentos que contigo he vivido,
Las veces que a tus palabras yo inclinaba mi oído.

Si en una lágrima pudiera…
Decirte lo mucho que me duele esta situación,
El vacío que estas dejando a este pobre corazón,
Las cosas que alguna vez tuvieron mucho valor.

Pues si, una lagrima por ti he derramado
No tenia palabras que decir, quizá no tenía alternativa
Una lágrima llorada por ti fue mi única salida
El consuelo que necesitaba, una lección más que me enseña la vida.

 

Christelle

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